DUQUESNOY FRANÇOIS (1597-1643)

DUQUESNOY FRANÇOIS

Signe de sa notoriété et de son rayonnement, François DUQUESNOY, selon les pays et les régions est appelé par une multitude de noms :

Du ou di ou de Quesnoy ou Quesnoi, François ou Francesco ou Frans/ Fiammingo, Francesco/ Il Fiammingo ou Il Fiamengho ou Il Fiamingo/ Van Kenoy, Frans/ François le Flamand ou le Flameng/ François Cannoy ou Canoi ou Carino / François Chenné ou Connoe/ François Dequenova ou Ducan ou Ducanoe ou Duchenel; François Kenoy ou Quercetus ou della Quercia ... une liste qui n'est probablement pas exhaustive.

Ce n'est pas sans une arrière-pensée que je livre cette multitude de noms qui désignent un seul et même Homme !

Une Biographie ne saurait être la réalité d'une vie. Elle est entachée d'erreurs, d'oublis, d'impasses, de confusions etc.

Les archives en plus d'être incomplètes sont truffées d'erreurs d'orthographe des Patronymes qui sont autant de pièges pour le Biographe.

Et, relativement à François DUQUESNOY, quel paradoxe de découvrir que le sculpteur qui est désigné comme le sculpteur le plus talentueux de son siècle en son pays ait un nombre aussi limité d'oeuvres qu'on puisse lui attribuer avec certitude !

François DUQUESNOY victime de sa notoriété a fait l'objet de nombreuses attributions qui ont conduit à noyer dans l'incertitude la plus totale son parcours artistique.

En 2005 a été édité un catalogue raisonné de l'oeuvre de François DUQUESNOY où l'auteur semble avoir fait un tri sévère parmi les oeuvres qui lui étaient attribuées.

Malheureusement, le prix de l'ouvrage le réserve soit aux Personnes fortunées soit à Ceux qui ouvrent le porte-monnaie d'une Collectivité pour l'acquérir.

C'est donc dans l'ignorance du contenu du travail de l'auteur de cette monographie que je m'autorise à affirmer qu'en ce qui concerne les Christs en Croix il en existe aucun qui puisse être sérieusement attribué à François DUQUESNOY.

Et, ce n'est pas le Christ mourant qui ouvre le paragraphe sur Les Crucifix en Ivoire dans le livre cité en référence par tous les Hommes de l'Art La sculpture au siècle de Rubens qui me fera changer d'avis.

Ce Christ que je reproduis est désigné comme étant une oeuvre originale de François DUQUESNOY ! Je peux vous assurer que cela est impossible car le Christ en question est une production au mieux de la seconde moitié du XVIIe siècle que malheureusement François DUQUESNOY n' a même pas entrevue ...

Il est né à Bruxelles d'un Père sculpteur et auteur du fameux Manneken-pis.

C'est son père qui naturellement le forme à la Sculpture. François DUQUESNOY va donc à la grande école car le talent de Jérôme DUQUESNOY l'Ancien (1570c-1641c) est grand et reconnu.

A l'age de 5 ans, François accueille son frêre Jérôme qui, avec lui, sous la houlette de leur Père apprend également la sculpture.

En 1618, sous la protection d'Albert d'Autriche, François et Jérôme partent pour Rome. Ils ont respectivement 21 ans et 16 ans.

La mort de l'Archiduc qui intervient 4 ans plus tard en 1621 les prive de protection. Ils doivent en conséquence gagner leur vie par eux-mêmes.

François DUQUESNOY fréquente et travaille avec les plus grands artistes de son temps.

Il oeuvre au Baldaquin de Saint-Pierre pour le compte de Gien Lorenzo BERNINI à la Basilique Saint-Pierre du Vatican.

Au tournant des années 1630, il réalise un chef d'oeuvre. Il livre à la Confréries des Boulangers une statue de Sainte-Suzanne sculptée dans un marbre de Carrare haute de 2 mètres.

Plus haut et encore plus beau est son Saint André composé de 6 blocs de marbre imbriqués pour former une hauteur totale de 4.68 mètres. Il est destiné à meubler une des 4 niches creusées dans les piliers qui soutiennent le dôme de la Basilique Saint-Pierre.

Pierre Paul RUBENS (1577-1640) qui lui porte une immense affection lui aurait adressé ces quelques mots :

Les louanges de votre statue de saint André, placée depuis peu dans l'église de Saint-Pierre, ont retenti jusqu'ici; toute la Flandre et moi, en particulier, se réjouissent de vos succès et participent à votre réputation. Si je n'eusse été retenu par la goutte et par l'âge, qui me réduisent à l'inutilité, j'irais dans les lieux où vous êtes pour voir ce chef-d'œuvre moderne et admirer la perfection d'un si bel ouvrage.

J'espère toujours avoir le plaisir de vous voir parmi nous et qu'un jour la Flandre, notre chère patrie, brillera d'un nouvel éclat par vos talents. Je voudrais bien que cela arrivât avant que mes yeux, encore ouverts pour admirer les merveilles de vos mains, fussent fermés à la lumière.

Ce n'est pas seulement ses grands ouvrages qui font la notoriété de François DUQUESNOY.

Il réalise des sculptures en bas et haut-relief, en terre cuite, en ivoire, en bronze, parfois dans le marbre, qui mettent en scène de jeunes enfants nus, les Putti, s'inspirant du tableau peint par TITIEN (1488c-1576), 100 ans plus tôt.

Comme son ami Nicolas POUSSIN qui peint des Bacchanales, il sculpte également des scènes bucoliques.

Il est dit que ses réalisations furent nombreuses et étant destinées pour l'essentiel à une clientèle d'Amateurs elles lui bâtirent une réputation inaltérable.

Il est dit également que François DUQUESNOY réalisa des Christs en Croix !

Ainsi lit-on dans le Plutarque belge édition de 1840 : ... il vivait obscurément en faisant pour des orfèvres des Crucifix, des enfants et des ornements, lorsque le connétable Colonna ayant vu un Christ d'ivoire de lui, étonné de la perfection et du fini de cet ouvrage lui en commanda plusieurs autres et le prit sous sa protection. .../... Duquesnoy fit pour le connétable Colonna un Christ en ivoire haut d'environ trois pieds dont le connétable fit présent au saint père. Ce morceau surpassait tout ce qu'on avait vu en ce genre.

François DUQUESNOY s'est éteint le 12 juillet 1642 à Livourne en Italie tandis qu'il faisait le voyage pour se rendre en France où il avait été appelé par Louis XIII.

CHRIST EN IVOIRE ATTRIBUÉ À FRANÇOIS DUQUESNOY

Les auteurs du XIXe siècle ont fait la promotion des Crucifix sculptés par François DUQUESNOY !

En réalité, il en est peu qui lui soient attribués avec certitude. Aucun ne porte sa signature ni une quelconque évocation de son nom.

NEGRI ARNOLDI Francesco, auteur fécond de livres d'art reconnaît dans le Christ que je vous présente une oeuvre originale de François DUQUESNOY.

C'est un beau Christ sculpté d'une pièce, un travail facilité par sa petite taille 26 cm.

Des Christs de ce type se rencontrent assez fréquemment en salle de vente - plusieurs fois par an en France - et ils sont systématiquement, et tout aussi faussement, attribués à François GIRARDON (1628-1715).

Pour finir sur le chapitre - trop court - des Christs attribués à François DUQUESNOY je citerai TARDY dans son ouvrage Les Ivoires qui rapporte qu' il aurait fait sept Christs en Croix , chacun prononçant une des sept paroles. La position des bras, la physionomie changent chaque fois, reflétant l'âme du Christ.

Mythe ou Réalité ?

L'OFFRANDE A VENUS - TITIEN - MUSÉE DU PRADO - 1518/1519

L'OFFRANDE A VENUS - TITIEN - MUSÉE DU PRADO - 1518/1519

TITIEN peignit ce tableau en 1518-1519.

Pierre-Paul RUBENS qui l'avait vu à Rome en fit une copie en 1628.

Cette allégorie sur les prémices du Désir et de l'Amour devint la source majeure d'inspiration des Putti de François DUQUESNOY.

Sa nombreuse production lui valut de recevoir le surnom il Fattore de Putti

GROUPE DE LA FLAGELLATION DU CHRIST ATTRIBUÉ À FRANÇOIS DUQUESNOY

Giovanni Pietro Bellori (1613-1696) est un historien d'art et biographe italien.

En 1672, il attribue à François DUQUESNOY un groupe de la Flagellation du Christ avec deux flagellateurs.

Cette assertion a mobilisé et mobilise encore les grands collectionneurs et les grands musées du monde.

La chasse au trésor reste ouverte car toutes les attributions sont incertaines !

De gauche à droite :

1.Le Christ de la Flagellation conservé aux Musées Royaux d'Art et d'Histoire de Bruxelles
2.Le Christ de la Flagellation conservé au Kunshistorisches Museum de Vienne
3.Le Christ de la Flagellation adjugé par Sotheby's le 5 juillet 2007 pour la somme de 57600£, un montant qui traduit bien l'incertitude qui entoure les précédentes attributions !

CENOTAPHE SCULPTE PAR FRANÇOIS DUQUESNOY VERS 1640

CENOTAPHE SCULPTE PAR FRANCOIS DUQUESNOY VERS 1640

Des dizaines de milliers de Putti sont nés entre les mains des sculpteurs.

Il n'en est pas un seul de belle qualité, en ivoire ou en bronze, qui n'ait pas été attribué un jour ou l'autre à François DUQUESNOY !

Ceux que je vous présente sont sculptés dans le marbre pour le cénotaphe de Ferdinand Van den Eynden (entre 1635 et 1640-1643) dans l'église de Santa Maria dell'Anima à Rome.

Publié le 27 janvier 2013

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