Christ en ivoire vers 1600 
attribué à Giovanni Antonio Gualterio

Christ en ivoire Giovanni Antonio Gualterio profil droit



Poser le regard sur un Christ en ivoire sculpté par Giovanni Antonio Gualterio c’est se transporter à Rome à la Cour Pontificale dans les années 1600 et à Florence au coeur de la Maison des Médicis.


Giovanni Antonio Gualterio est natif de Gaeta une commune située en province Latina rattachée de son temps aux Etats Pontificaux. Ce sculpteur sur ivoire a acquis sa notoriété au sein même de la Cour Papale. Il a sculpté des Crucifix pour le Cardinal Ferdinando de Médicis (1549-1609) grand-duc de Toscane et membre influent de la Maison des Médicis.

Quand on sait l’étroitesse des liens entre Michel-Ange et la Maison des Médicis on n’est pas surpris d’observer que l’iconographie de ce Christ en ivoire de type vivo attribué à Giovanni Antonio Gualterio est proche de l’iconographie du .


.Dimensions du Christ : Hauteur Tête-Pieds 22 cm & Largeur 20 cm

.Etat de conservation : Comme malheureusement de nombreux Christs en Ivoire anciens la majorité des doigts de ce Christ ont été restaurés  ou sont manquants. 6 doigts sont cependant d’origine. 


 L’absence de signature empêche de désigner Giovanni Antonio Gualterio comme l’auteur certain de ce Christ en ivoire mais quand on le rapproche du Christ en Ivoire vendu le 14 juin 2017 par la Maison de Ventes Cambi à Gènes  signé JAG (Johannes Antonio Gualterio) et daté 1615 les doutes s’évanouissent.

Cristo vivo avorio scolpito arte Italiana del XVII secolo Giovanni Antonio Gualterio Comparatif


 Un autre Christ en ivoire ressemble en tous points au Christ présenté dans cette page. Il s’agit d'un Christ en Ivoire exposé au Musée des sculptures du Monastère Royal de Santa María de Guadalupe un site inscrit sur la liste de l’UNESCO du patrimoine mondial.

Je vous livre ci-dessous la traduction littérale du descriptif du-dit Christ en ivoire publié par la Conservation du Musée. Le texte original rédigé en espagnol est téléchargeable. 


SIGLO XVI
• Christ crucifié expirant

Matériel: ivoire
Auteur: Attribué à Michel-Ange 
(1) 
Mesures: 0'20 mts.
Style: Renaissance italienne
Lieu: Musée des peintures et sculptures anciennes.

Nous ne savons pas comment est parvenu ce magnifique Christ crucifié à Guadalupe, bien que pendant un certain temps il présidait sur le tabernacle ou le bureau de Felipe II, sculpté à Rome en 1561 par don Juan Glamín, cadeau du roi à la Sainte Maison, probablement 1583. L’un comme l’autre sont de magnifiques exemples de l'art de la Renaissance italienne qui s’est développé sous le patronage des rois et des princes, comme marque cachet de prestige.

C’est en Italie où renaît à nouveau le culte de la beauté du corps humain nu, et le crucifié comme un symbole de puissance, sera utilisé par les grands maîtres : Cellini, Michel-Ange, Brunelleschi comme canon de la beauté et étude anatomique, disparaissent les signes de douleur et la souffrance, de sorte que la beauté et la force devient la pleine expression de pure beauté et de force spirituelle. Par conséquent, " le Christ n’est plus un martyr qui souffre, mais là encore le Roi céleste qui s’élève sur la faiblesse humaine " (Hauser).

Ce Christ crucifié en ivoire, parfait dans son exécution, contient tous les canons de la beauté et de la performance, bien que n’appartenant pas à la première vague de Christs nus de Michel-Ange, mais a plutôt à voir avec celui donné à Victoria Colonna (h.1540), inspiré du Laocoon hellénistique, le rendant comme le parfait modèle des Christs de l’Expiration, comme ce est arrivé à Marcos Cabrera et à d'autres, qui exécuta l'un des sommets des pièces de l'imagerie sévillane.

Dans cette taille le Christ laisse tomber sa tête sur l'épaule gauche, tout en élevant son regard vers le haut, il expire avec la bouche entrouverte pour prononcer ses derniers mots : «Mon Dieu, mon Dieu ! Pourquoi m’as-tu abandonné? Malgré mes cris, ma prière ne te parvient pas »(vendredi, Psaume 21). Le thorax gonflé d’humanité, il contorsionne admirablement sa hanche, provoquant un beau mouvement et l'effondrement, avancer et à la flexion de la jambe droite, instantanément ses muscles se tendent montrant une étude anatomique superbe, même si aucun signe de son martyre, montrant une esthétique plus naturel.

La croix est plate, pas de trône de potence et le perizonium est un simple pagne se développant de manière triangulaire, réuni à la hanche avec un noeud sur le côté droit, dont le pendant tombe sans mouvement.

(1) En absence de signature la Conservation du Musée des sculptures du Monastère a attribué ce Christ en ivoire au grand Maître florentin Michel-Ange pour sa perfection de réalisation

 Le site wikimedia.org présente une photo téléchargeable en Haute Définition du Christ conservé au Monastère de Guadalupe sous l'intitulé Cristo crucificado de la expiración (Monasterio de Guadalupe)
Cristo crucificado de la expiración Real Monasterio  de Santa Maria de Guadalupe Comparatif


Le perizonium épouse le galbe des fesses, signature esthétique du 16e siècle romain
Christ en ivoire Giovanni Antonio Gualterio Perizonium Dos


 Un corps à la musculature puissante sculpté avec une qualité irréprochable 
Christ en ivoire Giovanni Antonio Gualterio Musculature Dos


Un regard interrogateur tourné vers le Père
Christ en ivoire Giovanni Antonio Gualterio Regard tourné vers le Père


 Des perçages dans la chevelure laissent à penser que le Christ était coiffé à l'origine 
d'un nimbe crucifère et d'une couronne d'épines amovible.
Christ en ivoire Giovanni Antonio Gualterio Perçages chevelure


 Une patine polie que seule l'accumulation des siècles est capable de produire
Christ en ivoire Giovanni Antonio Gualterio Poli de l'ivoire


 Le perizonium habilement sculpté s'achève en plis de serviettes
Christ en ivoire Giovanni Antonio Gualterio perizonium Photo HD
Christ en ivoire Giovanni Antonio Gualterio perizonium Photo HD
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