LEFEBVRE (1846-1906)

Jean-Baptiste LEFEBVRE

Jean-Baptiste LEFEBVRE est une figure majeure de la sculpture des Christs en Ivoire de la fin du XIX e siècle.

Il est né à Dieppe en 1846 d'un père ivoirier. Son grand-père était lui-même ivoirier.

La sculpture de l'Ivoire était donc inscrit dans ses gènes et il fit preuve d'un immense talent.

Malheureusement il a grandi en même temps que se contractait l'activité ivoirière de sa ville natale.

En 1903, Charles LE GOFFIC qui sera élu à l'Académie Française en 1930, publie ce témoignage sur l'activité ivoirière à Dieppe : ll n'existe plus à Dieppe qu'un seul atelier de sculpture sur ivoire, celui de M. Félix Souillard, qui occupe dans une dépendance du casino dix-sept ouvriers dont six seulement "font" le Christ et la statuette à la grosse. Le reste des ivoíríers dieppois travaille en chambre pour le compte des marchands de Paris: l'un des plus estimés, M. Lefebvre, a la spécialité des crucifix de luxe.

Ainsi Jean-Baptiste LEFEBVRE achève sa carrière de sculpteur sur Ivoire comme sous-traitant des marchands parisiens. Il produit des Crucifix de luxe qui sont vendus à Paris à l'enseigne des magasins qui ont pignon sur les boulevards parisiens.

Jean-Baptiste LEFEBVRE aurait mérité de rayonner plutôt que de faire rayonner les enseignes des marchands parisiens.

En 1886 c'est à Jean-Baptiste LEFEBVRE que les Dames du Tréport s'adressent afin qu'il sculpte un Christ en Ivoire de 30 cm. Ce Christ est destiné à être offert à la Princesse Amélie d'Orléans pour son mariage avec le Duc de BRAGANCE, l'héritier du trône du Portugal.

Les Christs en Ivoire attribués à Jean-Baptiste LEFEBVRE sont beaux. Sur le plan plastique ils sont inégalables. Ils sont parfaits techniquement et esthétiquement.

Le reproche qui peut leur être adressés est que leur expression est stéréotypée et éthérée. Une expression qui les conduit à se ressembler comme des frères jumeaux.

Jean-Baptiste LEFEBVRE fût donc un sculpteur spécialisé dans la production de Crucifix. Il en fît un nombre important.

Et, comme le Président de la Société des Ivoiriers de Dieppe le revendique lors de ses discours : Dans les Christs, Lefebvre, Cordier, Baudry, Cottet, Boudin ne craignent aucune concurrence.... Les ivoiriers cités, Jean-Baptiste LEFEBVRE, le premier, signent leur production.


CHRIST EN IVOIRE SIGNÉ LEFEBVRE - CHÂTEAU - MUSÉE DE DIEPPE

CHRIST EN IVOIRE SIGNÉ LEFEBVRE - CHÂTEAU - MUSÉE DE DIEPPE

A tout seigneur, tout honneur.

Le Christ signé Lefebvre conservé au Château-Musée de Dieppe est un fleuron des collections du Musée.

Il mériterait des plans rapprochés que la vitrine qui le protège empêche de réaliser.

C'est une sculpture exceptionnelle dont l'expression est encore personnalisée.

Il a été donné au Musée par Jean-baptiste LEFEBVRE. Il pourrait s'agir du Christ qu'il a exposé en 1873 à la Société des Amis des Arts de Dieppe pour lequel il a reçu une médaille d'argent.

CHRIST EN IVOIRE SIGNÉ LEFEBVRE - VENTE DIJON 27/11/2011

CHRIST EN IVOIRE SIGNÉ LEFEBVRE - VENTE DIJON 27/11/2011

Un Christ en Ivoire signé Lefebvre a été proposé à la vente en novembre 2011 à l'Hôtel des Ventes Victor Hugo à Dijon.

Ses dimensions étaient assez modestes, env. 22 cm.

Le catalogue de la vente le décrit comme suit :
Cheveux ajourés, perizonium retenu par une corde double formant des noeuds ajourés. L'anatomie est particulièrement belle et précise jusque dans les moindres détails. Lefebvre est considéré comme l'un des meilleurs ivoiriers de son époque. Sa signature est apposée sur le pendant du perizonium.

CHRIST EN IVOIRE SIGNÉ LEFEBVRE

CHRIST EN IVOIRE SIGNÉ LEFEBVRE

En Septembre 2004, un Marchand proposait à la vente ce Christ en Ivoire signé Lefebvre

CHRIST EN IVOIRE SIGNÉ LEFEBVRE

CHRIST EN IVOIRE SIGNÉ LEFEBVRE

Ce beau Christ en Ivoire signé Lefebvre est offert à la vente sur un site Marchand.

Un peu plus grand que les précédents, 30 cm env., son regard est tourné vers la gauche.

Le dessin du périzonium est identique à celui du Christ du Musée de Dieppe, vu en symétrie dans un miroir !

C'est surtout un Christ semblable en tous points au Christ en Ivoire que j'attribue (sûrement par erreur) à Pierre Louis Modeste POISSON (1807-1880c.) à cette page :

LA SIGNATURE DE JEAN-BAPTISTE LEFEBVRE

LA SIGNATURE DE JEAN-BAPTISTE LEFEBVRE

Jean-Baptiste LEFEBVRE ne dissimule pas sa signature.

Il l'inscrit de manière visible sur un pan du perizonium.

Toutes les signatures que j'ai entrevues sont identiques à celle-ci, y compris celle du Christ conservé au Château-Musée de Dieppe.

LES CHRISTS EN IVOIRE SCULPTÉS À LA FIN DU XIXE SIÈCLE

LES CHRISTS EN IVOIRE SCULPTÉS À LA FIN DU XIXE SIÈCLE

Les visages de ces 2 Christs en Ivoire signés Lefebvre ont ce que j'ai appelé une expression stéréotypée et éthérée.

Cette expression est due au fait qu'ils sont esquissés et dégrossis avec une machine à reproduire.

Au millimètre près les mèches de cheveux ont les mêmes positions et les mêmes ondulations.

  • C'est Achille COLLAS le premier qui a réalisé à l'échelle artisanale des reproductions d'un modèle original à l'aide d'un Pantographe à 3 dimensions. Il a bâti sa fortune en s'associant avec BARBEDIENNE et il a reçu en 1855 à l'Exposition Universelle de Paris la Grande Médaille d'Honneur pour ses reproductions en bronze.
  • Henry DALLOZ, dès 1863, dans son atelier de sculpture à Saint-Claude parvient à produire 14 têtes sculptées par jour grâce à une machine à reproduire qu'il a inventée.
  • Sébastien NOTTON, de Saint-Claude, est primé à Londres pour avoir amélioré la machine à reproduire d' Henry DALLOZ.

Les ivoiriers dieppois comme leurs homologues de Saint-Claude ou de Paris visitent les grandes expositions et n'ignorent pas les innovations technologiques nées au cours du siècle. La pression sur les prix contraint ceux qui ne veulent pas disparaître à s'équiper de machines à reproduire.

Loin de moi l'idée d'affirmer que tous les Christs en Ivoire produits par Jean-Baptiste LEFEBVRE sont des reproductions mécaniques ...

Charles LE GOFFIC qui rapporte la commande faite à Jean-Baptiste LEFEBVRE du Christ destiné à être offert à la princesse Amélie précise qu'il avait coûté trois mois d'études aux Lefebvre.

Evidemment ce Christ était une oeuvre unique et personnalisée.

Le Christ donné par Jean-Baptiste LEFEBVRE en personne au Château-Musée de Dieppe est également une oeuvre unique. La qualité exceptionnelle de sa finition, la personnalisation de son visage, l'infinité des détails sculptés sont des preuves irréfutables.

Publié le 24 février 2013

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