Mars 2021 - Résultats d'Enchères


Comme chaque année, le mois de Mars voit se dérouler de très nombreuses Ventes aux Enchères. Concernant les Christs en Croix elles ne laisseront pas de souvenirs impérissables ...

 Commençons par une performance : une représentation calligraphiée du Christ en Croix. Ce n'est pas courant. Son auteur GALLEMANT a signé son oeuvre et l'a datée 1748 en plein règne du roi Louis XV (1710-1774) 

C'est la SVV Millon qui l'a mise en vente le 4 mars 2021 et l'a adjugée  230€ au marteau. Un prix modeste pour une oeuvre originale qui affiche plus de 250 ans !

En suivant ce lien    je vous propose de découvrir une autre représentation calligraphiée du Christ en Croix. Les dimensions sont plus importantes : 40cmX60cm env.

Ces représentations calligraphiées étaient l'oeuvre de Professeurs d'Ecriture qui enseignaient dans un Collège Royal ou de leurs Elèves passionnés par leur enseignement.

Lot N°81


GALLEMANT (actif au XVIIIème siècle)
Christ en croix, calligraphié
Plume et encre noire 
25 x 17,5 cm
Signé A la plume et encre brune, dans la marge en bas au centre Gallemant fecit, 1748 
Légèrement insolé, petites taches 
On joint un dessin dans le goût du XVIIème siècle représentant Pan jouant de la flûte 
Le lot de deux, 


Estimation 100€ - 150€

représentation calligraphiée du christ en croix signée Gallemant datée 1748




 L'Hôtel des Ventes Victor Hugo à Dijon l'avait présentée le 29 juin 2019 dans une fourchette d'estimations 1 200€- 1 500€. La fourchette d'estimations ayant été réduite à 900€- 1 200€ cette composition qui met en scène le Christ en Croix entouré de la Vierge et de Marie-Madeleine a trouvé Preneur le 6 mars 2021 pour 1 100€ au marteau

Annoncé France, XVIIIe siècle sans préciser si c'est d'époque ou de style, la faible profondeur de la sculpture et l'absence de contre-dépouille traduit un travail mécanique qui ne saurait être attribué au XVIIIe siècle. 

Il n'est pas exclu que cette composition ait été produite au début du XXe siècle ou à l'extrême fin du XIXe siècle.


Lot N°

Crucifixion en bois de Sainte-Lucie. Le Christ est présenté sur une croix très ouvragée, vraisemblablement postérieure, sur fond de velours bordeaux. Cadre sculpté de rinceaux feuillagés. France, XVIIIe siècle. H x L : 53 x 37 cm. Quelques petits accidents et manques. 


Estimation 900€-1 200€

  • Crucifixion en bois de Sainte-Lucie
  • Crucifixion en bois de Sainte-Lucie Marie-Madeleine




 Le 17 mars 2021 la Maison de Ventes Wannenes  a donné l'occasion d'acquérir un Christ en bois attribué au XIXe siècle de dimensions respectables et de belle allure que Certains auraient probablement attribué à une période antérieure.

Ce Christ fixé sur une belle Croix en palissandre dont les fleurons d'extrémité sont en bronze doré a été adjugé 1 500€ au marteau


Lot N°827


SCULTURA IN LEGNO PATINATO, XIX SECOLO 
raffigurante Cristo Crocifisso, la croce non pertinente in legno di palissandro e canti in bronzo dorato, alloggia entro cornice moderna e pannello rivestito in stoffa; usure, alcune sbeccature e mancanze, restauri, modifiche e sostituzioni nella croce e nel pannello 
Figura di Cristo, cm 46X 27 
La croce, cm 83,5X51 
La cornice, cm 107,5X74,5 
A PATINATED WOOD SCULPTURE, 19TH CENTURY; WEAR, SOME CHIPS AND LOSSES, RESTORATIONS, REPLACEMENTS AND SUBSTITUTIONS 


Estimation 300€-500€

SCULTURA IN LEGNO PATINATO XIX SECOLO




 Galerie Moderne SA est un Hôtel de Ventes situé à Bruxelles. Le 22 mars 2021 un Christ en plomb polychromé de belle facture était adjugé 800€ au marteau.

Lot n° 50

Grand Christ

Aux bras largement écartés et aux pieds superposés, la tête tournée vers la gauche, la bouche entrouverte, les yeux en verre. Plomb polychromé. XVIIIe/XIXe siècle. Hauteur : 50 cm. Sur présentoir. 


Estimation 700€-900€
  • Grand Christ Plomb polychromé. XVIIIe XIXe siècle
  • Grand Christ Plomb polychromé. XVIIIe XIXe siècle Visage




 Selon le descriptif fourni par la SVV Valoir basée à Blois cette représentation de la scène du Calvaire a été sculptée en bas-relief dans le bois. Attribuée au XVIIe siècle italien elle a été adjugée 1 000€ au marteau le 1er jour du printemps. 


Lot N°142


TABLEAU en bois sculpté en bas-relief et doré avec rehauts de polychromie à la mecca représentant la Crucifixion entre la Vierge et saint Jean. Cadre à doucine gravé de motifs feuillagés.
Italie, XVIIème siècle
Haut.:35 cm ; Long.: 23 cm.
Expert : Madame Laurence Fligny. 


Estimation  800€ - 1 200€
TABLEAU en bois sculpté en bas-relief et doré avec rehauts de polychromie à la mecca représentant la Crucifixion entre la Vierge et saint Jean




 Le 27 mars 2021 l'Hôtel des Ventes de Saint-Omer présentait un Christ en bois qui méritait qu'on s'y attarde moins par sa provenance que par l'expertise délivrée dans le descriptif dont le déroulé est remarquable même si je n'en partage pas la conclusion. 

Comparaison est rarement raison surtout dans le milieu artistique où tout le monde copie sur tout le monde. D'ailleurs, observez qu'avec une grande prudence le mot  probablement introduit le descriptif signifiant que tout ce qui est libellé l'est sous réserve. Observez également le nombre de fois où le conditionnel est utilisé.

Le prix d'adjudication 3 950€ est juste en-dessous de l'estimation basse fournie.

Un descriptif affichant moins d'ambitions et concluant sur une origine plus probablement coloniale comme par exemple les Iles Philippines au XVIIIe siècle aurait affiché un meilleur résultat au regard de l'historicité de ce Christ appuyée par des témoignages familiaux.

Nota Le descriptif évoque l'absence au niveau de la hanche droite d'un pan tombant du perizonium. La vision de ce pan aurait pu conduire à une conclusion différente en particulier si le pan manquant du perizonium était flottant donc sculpté dans un esprit déjà baroque.


Lot N° 285

Probablement école espagnole de la seconde moitié du XVIème siècle
Cristo morto
Statuette en bois fruitier 
H. 29,7 (Christ), L. 29,3 cm (H. totale avec bras : 33 cm)
Accidents à la main gauche (trois doigts manquants), couronne manquante
Provenance : ancienne collection du sculpteur Prosper d'Epinay ; par descendances


Littérature en rapport: 
- Catalogue de marbres importants, groupes, statues, bustes, sculpture formant les collections de M. d'Epinay et 
dont la vente aura lieu à l'Hôtel Drouot, salles n°8 et 9 le lundi et mardi 20 et 21 avril 1885, Me Escribe, commissaire-priseur, 6 rue de Hanovre, M.A. Bloche, expert, 44. rue Laffitte, n°271 ;
- Peter Stiberc, "Benedetto da Maiano, Giuliano and Antonio de Sangallo and Baccio da Montelupo: workshopspecific construction techniques of Florentine Renaissance crucifixes", in The Renaissance Workshop/ David Saunders, Marika Spring, Andrew Meek, 2013, pp. 42-48.


La grande qualité de ce Christ en croix a déjà été soulignée à la fin du XIXème siècle par son acquisition par l'artiste Prosper d'Epinay, sculpteur de renom, portraitiste des grandes personnalités de l'époque, dont les collections comprenaient d'importantes oeuvres de la Renaissance. Par tradition familiale orale, cette oeuvre aurait été acquise par l'Artiste au sein d'un monastére de Rome. S'il s'agit bien du lot 271 d'une de ses ventes organisées en 1885 à Drouot, comme l'avance la tradition familiale, il fut décrit par l'expert M. A Bloche comme " Christ en bois sculpté. oeuvre originale et authentique de Verrochio. ".
 
On comprend aisément la tentation de l'attribuer à ce grand artiste florentin car notre Christ crucifié présente des canons de l'École florentine, canons initiés par Donatello et qui se diffusent particulièrement dans les ateliers de Benedetto da Maiano, Antonio da Sangallo ou encore Baccio da Montelupo au tournant du XVIème siècle.

Le Christ, les yeux clos, a laissé tomber sa tête vers l'avant, du côté droit. Sa bouche aux lèvres charnues est clairement entrouverte pour laisser passer son dernier expire : Mon Dieu, mon Dieu ! Pourquoi m'as-tu abandonné ? Malgré mes cris, ma prière ne te parvient pas "(vendredi, Psaume 21). La grille costale et le thorax sont bien dessinés, formant rayons autour d'un nombril profond mis en valeur par l'abdomen renflé. La longue silhouette, très allongée, forme une légère courbe, les jambes deviant légèrement à dextre dans un mouvement de flexion laissant la jambe et le pied droits passer sur le pied gauche. La musculature est plus fine et tendue que puissante, le réseau de veines est extrêmement visible à l'intérieur des avant-bras. Au poli du corps nu s'oppose l'ondulation du périzonium, des mèches de cheveux et de la barbe bifide. Le visage émacié aux arcades sourcilières proéminentes, au long nez allongé donne à cette figure un caractère particulièrement expressif : tout le pathos de la figure se concentre dans le visage, en opposition au calme et à l'harmonie de la silhouette ondulante.
 
On serait alors tenté de rapprocher notre oeuvre du canon du Christ monumental de Benedetto da Maiano à la cathédrale Santa Maria del Flore à Florence ou encore à comparer son visage avec celui de la Crucifixion de Baccio da Montalupo au Museo di San Marco.


Cependant si la leçon de la Renaissance florentine est parfaitement maîtrisée, un détail, non le moindre, nous invite à nous interroger sur la genèse italienne de l'oeuvre. En effet, le périzonium présente un style particulier qui ne semble pas appartenir au canon connu et répandu en Italie à cette période. Il s'agit d'un simple pagne finissant par une bordure délicatement frangée. Surtout les plis parallèles tombent dans le creux des cuisses en lignes calmes et régulières. Un creux en bordure haute, au niveau de la hanche droite, servait de fixation pour un pan de drapé tombant de côté. 
Or cette simplification du périzonium pourrait être l'indice d'un passage du canon italien dans l'art espagnol du XVIème siècle dont un grand nombre d'artistes furent influencés par la manière italienne de la Renaissance. Surtout ce type de pagne connait ensuite une persistance dans l'art colonial comme on peut le voir sur le Christ en ivoire daté du début du XVIIIème siècle conservé dans la sacristie de l'église Église de la Madeleine à Saragosse.

Ce Christ pourrait ainsi être un rare témoignage de l'appropriation de l'art florentin de la Renaissance par un artiste espagnol avant l'exubérance du Grand Siècle baroque. 


Estimation 4 000€ - 6 000€


  •  Cristo morto Probablement école espagnole de la seconde moitié du XVIème siècle
  • Cristo morto Probablement école espagnole de la seconde moitié du XVIème siècle Haut




Le 30 mars 2021 chez Limoges Enchères vous pouviez acquérir une Croix  attribuée au XIVe siècle italien moyennant un prix  au marteau de 5 200€.

Une Croix similaire s'est vendue 4 000€ au marteau chez Venderkindere à Bruxelles le 19 Janvier 2021. Je l'ai commentée dans les  publiés le 3 mars 2021.  Bizarrement cette Croix est réapparue en vente à Amiens ce 5 avril 2021 accompagnée d'une estimation dans la fourchette 5 000€-6 000€ ... elle n'a pas trouvé Preneur dans cette fourchette de prix.


N° 262

Italie, XIVe siècle - Croix de procession en cuivre gravé et doré avec Christ d'applique en bronze fondu et doré. Extrémités des branches trilobées figurant, à gauche et à droite, saint Jean et la Vierge, le Pélican à la partie supérieure et le crâne d'Adam à la partie inférieure ; revers avec Christ en buste sortant du tombeau entouré du Tétramorphe.
Hauteur : 56 cm Largeur : 30 cm


Estimation 3 000€ - 5 000€
  • Croix de procession en cuivre gravé et doré avec Christ d'applique en bronze fondu et doré
  • Croix de procession en cuivre gravé et doré avec Christ d'applique en bronze fondu et doré Le Christ

 La Croix de procession adjugée 4 000€ au marteau le 19 janvier 2021 chez Vanderkindere à Bruxelles, 
réapparue à Amiens le 5 avril 2021
Croix de procession en cuivre partiellement doré

Publié le 07 avril 2021

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