JEAN DE JOIGNY (1507-1577)

JULIEN Paul (actif 1881c-1925c)

D'avantage connu sous son nom espagnol Juan de Juni, Jean de Joigny serait né vers 1507.

L'hypothèse qu'il naquit à Joigny est fréquemment avancée malheureusement les archives de cette ville ont été détruites dans l'incendie qui a ravagé la ville le 12 juillet 1530.

Dans ces conditions les historiens de l'art sont réduits à émettre des hypothèses sur son cursus dans le vivier artistique du comté de Bourgogne.

  • Que Jean de Joigny quitta sa ville natale suit à l'incendie de 1530 - après un incendie l'argent va à la reconstruction des murs et seulement bien plus tard à la reconstruction du mobilier et des œuvres d'art.
  • Que son objectif fût de se rendre en Espagne - depuis 1506 le comté de Bourgogne était rattaché au richissime empire d'Espagne.
  • Qu'avant de joindre l'Espagne il séjourna dans quelques grandes cités d'Italie comme Florence ou Rome pour y parfaire sa formation.
  • Que le mal du pays ou une affaire d'argent le ramena à Joigny quelques fois

Sont autant d'hypothèses qui s'inscrivent dans la logique d'une destinée que de nombreux artistes de son époque ont partagé.

Les premières certitudes sur le parcours de Juan de Juni commencent dans la Province de León où sa présence est mentionnée à partir de 1532. Il travaille à la réalisation des stalles de bois pour le choeur de l'église du monastère de San Marcos ainsi qu'à la sculpture de la façade du monastère où était représenté tout ce que l'histoire avait connu d'hommes illustres.

A Medina de Rioseco, vers 1538, il modele dans la terre cuite Saint Jérôme et Saint Sébastien pour l'église de Saint-François - Il reviendra à Médina de Rioseco pour sculpter le retable de la Chapelle des Benavente dans l'église Santa Maria.

Après l'achèvement de la façade du monastère de San Marcos, Juan de Juni se rend à Salamanque où s'est ouvert le chantier de la Catedral nueva. Dans la Catedral vieja, il sculpte le sépulcre de l'archidiacre Gutierre de Castro.

Vers 1540, il parvient à Valladolid où il ouvre son atelier.

Juan de Juni travaillait indifféremment le bois, la pierre, la terre cuite et l'albâtre. Parmi ses nombreuses réalisations, on peut citer :

  • La mise au tombeau provenant du sépulcre du cloître du monastère de Saint-François, vers 1541-1544
  • L' Immaculée Conception conservée au Musée Archéologique d'Orense, destinée à l'origine à une chapelle funéraire dans le Monastère de Saint François à Orense
  • La Vierge aux 7 glaives conservée dans l'église Notre-Dame des Douleurs de Valladolid, vers 1561
  • La mise au tombeau de la cathédrale de Ségovie (1571)
  • La statue en marbre de San Segundo dans l'église du même à Ávila (1571-1573)

Plus d'une soixantaine d'oeuvres lui sont attribuées dont d'imposants retables.

Celui de l'église Santa Maria la Antigua transporté dans la Cathédrale de Valladolid mesure 9,14 mètres de large et atteint 15,34 mètres de hauteur, 150 m2 de haut relief et de sculptures où pas un seul millimètre carré n'a échappé aux ciseaux.

Juan de Juni signait ses contrats d'une belle écriture. Il était curieux de l'art pratiqué dans les autres pays de l'Europe. Sa bibliothèque recelait de nombreux ouvrages, parfois illustrés, d'origine française, espagnole, italienne et flamande.

Dans son atelier il employait des Compagnons natifs de ces mêmes pays.

Le style de Juan de Juni est un mélange unique de classicisme à la française, de maniérisme à l'italienne et de baroque à l'espagnol.

C'est avec un regard cosmopolite qu'il faut observer les Christs en Croix sculptés par Juan de Juni. Il en fît de nombreux et beaucoup nous sont parvenus.

Malheureusement peu d'entre eux sont documentés. La majeure partie des Christs en Croix attribués à Juan de Juni le sont pour leur ressemblance au style du Maître.

Dans ces conditions il est difficile d'établir des certitudes.

Florilège …

Christ en Croix de Juan de Juni de 1545 à 1561

Christ en Croix de Juan de Juni de 1545 à 1561

C'est le Christ en Croix le plus connu de Juan de Juni.

Il trône au sommet du retable destiné à l'origine à l'église de Santa Maria la Antigua et transporté dans la cathédrale de Valladolid

Ce retable est le 1er que Juan de Juni réalisa.

Dans le foisonnement des sculptures du retable, le Christ frappe par son isolement.

C'est un Christ mort au corps robuste.

Les souffrances qu'il a subies sont exprimées avec modération.

Le visage est apaisé.

La construction du retable s'est étendue de 1545 à 1561. C'est dans cette fourchette de dates qu'il faut situer ce Christ en Croix.

Christ en Croix de Juan de Juni vers 1556

Christ en Croix de Juan de Juni vers 1556

Juan de Juni a signé le contrat pour la réalisation de ce Crucifix de grandeur nature le 6 juillet 1556.

Placé à l'origine dans une chapelle funéraire du monastère Saint-François à Ciudad Rodrigo il est visible aujourd'hui au musée national de la sculpture à Valladolid.

La Vierge et Saint Jean accompagnent le Christ.

C'est un corps robuste voir athlétique qui s'offre à nos regards. Un corps que seul la mort a fait plier.

Le perizonium flotte librement sans qu'aucun lien ne le rattache au corps.

Le visage du Christ sans tourment exprime une grande noblesse malgré son immobilisme.

C'est une oeuvre magistrale ...

Christ en Croix de Juan de Juni

Christ en Croix de Juan de Juni Santa Catelina de Siena

Ce crucifix est conservé au monastère de San Pablo à valladolid.

On n'ignore l'origine exacte de ce Crucifix. Son parcours documenté commence en 1584 date à laquelle il est offert au monastère de Santa Catelina de Siena.

Il s'agit donc d'une attribution ...

On pense que Juan de Juni ainsi que 2 de ses 3 Epouses successives et la fille qu'il eût de la première reposent dans le monastère sans qu'on connaisse précisément le lieu de leur sépulture.

Christ en Croix de Juan de Juni vers 1570

Christ en Croix de Juan de Juni vers 1570

Ce Christ de Juan de Juni est appelé de l'a Expiración et il est conservé au monastère de Santa Teresa à Valladolid

Aucun document n'atteste de la paternité de ce Christ à Juan de Juni

Le Christ est vivant. En rejetant violemment la tête en arrière il interpelle le Père eternel.

Il est d'une taille modeste, 1,18 mètre. La polychromie originale a été conservée.

La tension du corps est rendue par les bras étirés et les paumes de la main à plat sur la Croix, les doigts comme écartelés.

Christ en Croix de Juan de Juni vers 1555

Christ en Croix de Juan de Juni vers 1555

Ce Crucifix de Juan de Juni est visible au musée du monastère de las Huelgas Reales à Valladolid.

C'est l'archétype des Christs en Croix attribués à Juan de Juni.

Celui-ci est de grandeur nature , 1m77.

Le Christ au corps robuste est mort bien que ses yeux ne soient pas complètement clos.

Il porte une imposante couronne d'épines qui lui perce le front.

Les autres Christs en Croix attribués à Juan de Juni sont trop nombreux pour être cités.

Leur origine n'est pas documentée.

Ils font l'objet d'attributions basées sur leurs ressemblances avec les rares Christs documentés de Juan de Juni.

Ils n'offrent pas d'e forte originalité par rapport aux précédents.

En visionnant cette video sur youtube.com vous aurez un bon aperçu du talent exceptionnel du grand Maître franco-espagnol
http://www.youtube.com/watch?v=QUcjip4s2e0

Publié le 10 mars 2014

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