Les ventes de l'été 2026



Le nombre ne fait pas la qualité. Le ralentissement du rythme des ventes aux enchères n'empêche pas des opportunités de surgir. 

En toutes circonstances il faut rester à l'affût tout en exerçant un regard indépendant car les descriptifs fournis ressemblent parfois aux chansonnettes délivrées par nos parents pour accompagner notre endormissement quand nous étions enfants.


  A 2 800£ au marteau soit 3 270€ env. ce Christ en bronze doré a été cher payé au regard de ses dimensions réduites de l'ordre de 24cm X 18 cm

Nul doute que l'Acheteur était convaincu de son ancienneté et de sa proximité  avec les productions de l'atelier de Giambologna et/ou de Susini. Peut-être aussi n'a-t-il pas prêté attention à l'utilisation du mot 'probably' qui ne garantit pas que le descriptif soit tout à fait juste.

Qu'importe car ce Christ est plutôt plaisant à découvrir sous tous ses angles. La vente s'est déroulée chez Bonhams à Londres le 2 juillet 2026.


Lot N°52


An Italian gilt bronze Corpus Christi, 'Cristo Morto'

Probably Florentine, late 16th century, after a model by Giambologna (Italian, 1529-1608)
The figure of Christ with closed eyes, his bowed head turned to dexter, his bearded face flanked by the spiralling curls of his long hair, the rope tie to his folded perizonium secured to his right side, 24cm high, 18cm wide approximately

Provenance
Acquired in Venice by the present vendor.

Giambologna produced a number of small figures of Christ crucified of varying form and size, depicted both dead and alive. They were mostly produced in collaboration with Antonio Susini (Italian, 1572-1624) and include the Corpus at The Salviati Chapel, San Marco. A further version, possibly an aftercast by Susini, was donated to the Convent of Santa Maria degli Angiolini, Florence, and a gilt bronze, solid cast example dating from the 1580s is in the Cleveland Museum of Art (85.34). This corpus differs to the hollow cast, highly chased examples which were produced by the Susini workshop, as they were probably produced from a wax model by Giambologna himself.

A comparable figure was offered at Bonhams Knightsbridge, Objects of the Wunderkammer, 2 November 2011, Bonhams Knightsbridge, lot 91.
A similar late 16th/early 17th century gilt bronze cast was sold at Sotheby's, Paris, 23 March 2006.


Estimation 2 500£-3 500$

  • An Italian gilt bronze Corpus Christi, 'Cristo Morto'
  • An Italian gilt bronze Corpus Christi, 'Cristo Morto'



 Au cours de la même vente que précédemment, accompagné de la même fourchette d'estimations et de mêmes dimensions, cet autre Christ en bronze attribué cette fois sans réserve au XIVe siècle a été adjugé 38 000£ au marteau. soit plus de 10 fois son estimation haute !


Lot N°51

A partially painted bronze Corpus Corpus Christi, 'Cristo Morto'
South German or North Italian, 14th/15th century, with residual traces of original polychromy, now largely preserved to the perizonium


The figure of Christ with closed eyes, his bowed head with waving long hair and beard turned to dexter, his wide draped perizonium secured with stylised folded panels to either side, a central tie to this right thigh, mounted on a modern rectangular footed perspex stand 

The figure, 25cm high 18.5cm wide 7cm deep, the perspex stand, 34cm high, 23cm wide, 8.5cm deep


 Estimation 2 500£-3 500£

  • A partially painted bronze Corpus Christi Cristo Morto South German or North Italian 14th-15th century Front
  • A partially painted bronze Corpus Christi Cristo Morto South German or North Italian 14th-15th century Back




Financièrement une 'copie' s'acquière à un prix modérée surtout quand elle est bien présentée comme une copie d'ancien. 

 Le 6 juillet 2026 ce Christ de style roman a été adjugé 300€ au marteau par la Casa d'Aste Capitolium Art basée à Brescia en Italie.


Lot N°107


FABRICATION FRANÇAISE DU XIXe SIÈCLE. 

Christ en bronze de style limousin du XIIe siècle. 

16,50 x 15 cm. 

Reposant sur un socle moderne en fer.

Estimation 500€- 1 000€

  • Christ en bronze de style limousin du XIIe siècle Front
  • Christ en bronze de style limousin du XIIe siècle Back




 Sans transition je vous propose de passer d'une adjudication à 300€ à une adjudication à 80 000€ au marteau.

Mais plus que l'adjudication ce qui m'a interpellé dans la vente de ce Lot c'est la dimension emphatique et lyrique du descriptif dont je vous laisse juge :

« une surface d’une rare vibration chromatique »

« une apparition précieuse »

« objets de lumière autant que de dévotion »

« une véritable châsse de la Parole »

« l’altération même de l’objet est ainsi devenue la clef de sa mémoire retrouvée »

Ces formules sont élégantes et peuvent tout à fait provenir d'un Expert de l'histoire de l'art cependant, leur concentration dans un même texte me fait soupçonner l'utilisation de l'IA générative qui a tendance à multiplier les formulations synthétiques, les métaphores et les oppositions rhétoriques pour donner une impression de profondeur et d'achèvement littéraire. (Ce n'est pas moi qui le dis c'est l'IA à qui j'ai demandé une auto analyse).

Il est préférable qu'on laisse l’Acheteur s’émerveiller par lui-même, s'il y a lieu, plutôt que de le gaver d’expressions laudatives inutilement lyriques et emphatiques. Ce d'autant que lorsque le Rédacteur du descriptif voit la Vierge, 'dont la robe porte désormais l’entrée de serrure, devient matériellement la porte d’accès au Fils, prolongeant dans l’objet même l’image spirituelle de sa médiation.'  Personnellement je ne vois qu'un bricolage incongru où l'entrejambe de la Vierge est apparenté à un trou de serrure.

Etant convaincu que l'Auteur du descriptif a sollicité l'IA générative je lui oppose mon point de vue assisté du même outil : 

 Il faut reconnaître au Rédacteur un certain talent : d'un trou de serrure percé dans la robe de la Vierge, il tire une métaphore de la médiation mariale. L'altération de l'oeuvre devient « la clef de sa mémoire retrouvée », puis la Vierge elle-même se transforme en « porte d'accès au Fils ». Tout s'enchaîne avec une élégance admirable, à condition de ne pas trop s'attarder sur la matérialité du dispositif.

Car cette métaphore, si heureuse pour la présentation de l'œuvre, n'est nullement imposée par elle. Elle en constitue une interprétation parmi d'autres, remarquablement bien ajustée, il faut le dire, à la nécessité de transformer une altération de l'oeuvre en singularité valorisante.

Quant à la localisation de l'ouverture dans le vêtement de la Vierge au niveau de l'entre-jambes, elle invite à une lecture autrement moins mystique : celle d'un bricolage dont l'incongruité corporelle résiste à la sublimation poétique. On peut bien sûr préférer la métaphore mariale à cette lecture triviale. Encore faudrait-il ne pas confondre la beauté d'une formule avec la vérité d'une interprétation.

Dans le commerce des œuvres d'art, la poésie descriptive n'est jamais tout à fait innocente : elle ne modifie pas l'objet, mais elle peut modifier considérablement le regard porté sur lui. Et parfois, la plus-value tient moins à ce que l'œuvre nous apprend qu'à ce que le commentaire réussit à nous faire imaginer.


Photos de détails sur le site de la Maison de Vente

Lot N°150


RARE PLAQUE DE RELIURE 

Rare plaque de reliure d'évangéliaire rectangulaire, en cuivre doré et émail champlevé représentant une Crucifixion. Au centre, le Christ en croix entre la Sainte Vierge et saint Jean ; en partie supérieure au-dessus de la croix, deux anges, vus à mi-corps, les ailes déployées. Croix à fond vert bouteille ponctué de points rouges. Les personnages sont réservés en cuivre gravé et doré, les cinq têtes en relief appliquées. Fond bleu lapis profond, semé de rosaces polychromes.

France, Limoges, fin du XIIe siècle, début du XIIIème siècle.
Monté postérieurement et adapté en porte de tabernacle.
Hauteur : 23,3 cm - Largeur : 13 cm - Largeur totale : 16 cm
(Petits accidents, usures et manques visibles, trou d'entrée de serrure sur la robe de la Vierge)

Provenance

– A la Galerie Seligmann, Paris en décembre 1924.
– Collection de la comtesse Antoine Sala, née Laura Kayser (1874-1961), Mrs Edwin Bayer de son premier mariage.
– Vente de la précédente le 19 mai 1933, Baudouin-Ader commissaires-priseurs, Galerie Charpentier Paris, lot n°29 (reproduit, planche XVI).
– Collection Léon Salavin (1886-1976)
– Vente du précédent le 22 novembre 1972, Ader-Picard-Tajan commissaires-priseurs, Drouot Paris, lot n°46 (reproduit)
– Collection Philippe Leclercq (1899-1980), par descendance jusqu'à ce jour.

Information expertise

Destinée à orner la reliure précieuse d’un évangéliaire, cette plaque appartient à l’une des productions les plus caractéristiques des ateliers limousins autour de l'an 1200. À cette époque, Limoges s’impose comme l’un des grands foyers européens de l’émail champlevé sur cuivre doré, fournissant aux églises, abbayes et chapelles de tout l'Occident reliquaires, croix, crosses, pyxides et couvertures de livres liturgiques.

La scène représentée, la Crucifixion, répond à une iconographie parfaitement adaptée à la fonction première de l’objet : placée sur la couverture d’un livre des Évangiles, elle faisait de l’ouvrage non seulement le support de la Parole, mais aussi l’image même du sacrifice dont celle-ci porte le récit. Le Christ, réservé en cuivre gravé et doré, se détache sur un fond d’émail bleu lapis d'une rare intensité semé de rosaces polychromes, dont la fraîcheur et la variété font de cette plaque un exemple particulièrement remarquable du genre. La profondeur du bleu, l’éclat des réserves dorées, la ponctuation rouge, blanche, turquoise et verte des fleurettes composent une surface d’une rare vibration chromatique, où la Passion se donne moins comme une scène narrative que comme une apparition précieuse.

Ce type de composition se rencontre sur plusieurs plaques de reliure conservées dans les grandes collections publiques, notamment au Metropolitan Musem de New York [N° inv. 17.190.785] ; le Musée du Louvre [N° inv. OA 941] etc.

La transformation postérieure de notre plaque en porte de tabernacle, avec l’adjonction d’un montage et le percement d’une entrée de serrure dans la robe de la Vierge, témoigne d’un autre moment de son histoire. Détachée de son livre, l’image a continué d’exercer une fonction sacrée : non plus protéger l’Évangile, mais fermer le lieu de la Présence. 

Cette réutilisation, si elle a modifié l’objet, en a probablement aussi assuré la survie. Mieux encore, le trou de serrure, loin de n’être qu’un accident d’usage, est devenu l’indice déterminant de son identification : cette singularité permit de reconnaître sans équivoque la plaque dans la documentation ancienne et de restituer une provenance inédite, depuis longtemps oubliée. L’altération même de l’objet est ainsi devenue la clef de sa mémoire retrouvée. Et l’on ne peut manquer de relever la résonance presque involontaire de cette transformation : la Vierge, dont la robe porte désormais l’entrée de serrure, devient matériellement la porte d’accès au Fils, prolongeant dans l’objet même l’image spirituelle de sa médiation.

Par son format,  sa provenance retrouvée, son iconographie, son état ainsi que la richesse exceptionnelle de son fond émaillé,  cette plaque s’inscrit parmi les œuvres les plus éloquentes de la grande tradition des couvertures d’évangéliaires limousines du début du XIIIe siècle : objets de lumière autant que de dévotion, conçus pour faire du livre saint une véritable châsse de la Parole.


Estimation 60 000€ - 80 000€

  • Rare plaque de reliure d'évangéliaire France, Limoges, fin du XIIe siècle, début du XIIIème siècle
  • Rare plaque de reliure d'évangéliaire France, Limoges, fin du XIIe siècle, début du XIIIème siècle



 Le Christ que je vous propose de découvrir à présent ne laisse pas indifférent par son contraste des matières et des couleurs. Son iconographie baroque est compatible avec son attribution au XVIIe siècle par contre le clinquant de la dorure fait douter qu'elle soit d'origine. Il est d'ailleurs regrettable que le descriptif ne fournisse aucun élément d'appréciation de la nature de la dorure : feuille d'or, amalgame ou peinture.

C'est l'Hôtel des Ventes de Monte-Carlo qui l'a proposé à la vente et l'a adjugé 12 000€ au marteau lors d'une vente organisée le 8 juillet 2026. L'adjudication remarquablement élevée pour un Christ en bronze de 31 cm traduit l'effet d'attraction que ce Christ a exercé sur les Enchérisseurs


Lot N°46


Corpus Christi (Christ en croix)


Bronze patiné et doré (dorure partielle)
XVIIe siècle
Hauteur : 31 cm
Figure du Christ en croix, le corps seul, en bronze à patine brune rehaussé de dorure partielle. Le corps, nu et idéalisé, à la musculature nettement modelée, est tendu, les bras largement ouverts en V, les mains ouvertes et percées. La tête, inclinée et tournée, la bouche entrouverte, paraît figurer le Christ expirant ou mort. La chevelure et la barbe, traitées en mèches ondoyantes, ainsi que le périzonium drapé et noué d’une corde sur la hanche, sont dorés et tranchent sur le brun du corps.
Ce type de petit Christ en bronze, à la dorure réservée aux cheveux, à la barbe et au périzonium, relève de la grande diffusion européenne des corpus de dévotion à l’époque baroque, destinés à des crucifix d’autel ou de cabinet.


Estimation 8 000€ - 12 000€

  • Corpus Christi Bronze patiné et doré XVIIe siècle
  • Corpus Christi Bronze patiné et doré XVIIe siècle
  • Corpus Christi Bronze patiné et doré XVIIe siècle





Je suis consterné par le pouvoir de séduction qu'exercent les enluminures sur une clientèle aisée. Cela m'évoque la fierté des enfants recevant des mains de leur maîtresse une belle image pour les récompenser d'avoir été sages.

 C'est la prestigieuse Maison de Ventes Sotheby's qui a présenté à Londres le 9 juillet 2026  et adjugé 51 200£ soit 60 050€ env. cette enluminure arrachée d'un Livre d'Heures attribué aux Maîtres de Guillebert de Mets actifs entre 1415 et 1460.

Nota En tête de son commentaire le Rédacteur du descriptif utilise l'expression 'most likely' qui signifie « très probablement » ou « selon toute vraisemblance ». 'most likely' indique que l'attribution est jugée très plausible, mais qu'elle n'est pas considérée comme absolument certaine.


Lot N°14


An illuminated leaf from a Book of Hours depicting the Crucifixion by the Master of Guillebert de Mets

on vellum, in Latin, (Southern Netherlands, probably Ghent) c.1420–25, 17 × 95 mm; a beautiful miniature contained within a gently arched frame, surrounded by luxurious and substantial gold border, infilled with curling and unfurling vegetal and floral elements, with the vegetal elements creating colourful swirls at each corner of the frame; the miniature is surrounded on three sides by further decorative vines with trefoil leaves and floral elements; at the centre of the miniature is the emaciated body of Christ on the cross, flanked in the background by the crucified figures of Gestas and Dismas under a dark blue, foreboding-looking sky; in front of the cross to the left is the mourning Virgin Mary, clothed in dark blue, supported in her grief by the Apostle St John, while on the right of the composition a group of soldiers taunt and torment the crucified Dismas; verso inaccessible due to mount, excellent condition.

PROVENANCE

Made for a Book of Hours, c.1420–1425 by the Master of Guillebert de Mets (Hand A)
‘t Goy-Houten, Antiquariat Forum.
Paris/Chicago, Les Enluminures (inv.no.5768), 2007.
Jörn Günther, 2008.



A LUXURIOUS AND EXUBERANT WORK BY THE RENOWNED BUT ELUSIVE MASTER OF GUILLEBERT DE METS

COMMENTARY

The luxurious miniature at hand is executed most likely by the Master of Guillebert de Mets, specifically Hand A, found in the Rijm Hours (Baltimore, WAM, MS W166). Guillebert himself was an adept scribe and a native of Grammont. Working in the service of Philip the Good, he wrote the earliest vernacular chronicle of medieval Paris, called Description de Paris. While in Paris, the young Guillebert rubbed shoulders with some of France’s intellectual elite, including one of the most influential female authors, Christine de Pizan.

However, after the murder of his main patron, John the Fearless, in 1419, Guillebert was forced to return to Grammont, where he started to build his own book business. While he executed the calligraphic elements of manuscript production, he assembled a group of accomplished illuminators who were soon in demand at the ducal court of Burgundy and created works for leading bibliophiles of the time. Sixty-four manuscripts and fragments have survived from this prolific workshop and were assembled by Vanwijnsberghe and Verroken in 2017. Their research highlighted the close relationship and artistic exchange between Paris, as a centre of the French book trade, and the Low Countries and the Burgundian court. This exchange and bilateral influence are tangible in the elegant products of the workshop of the Master of Guillebert de Mets, who in his capacity as a scribe had worked for both French and Flemish patrons.

ILLUMINATION

Using a beautiful and precious palette of blues and greens with orange and red accents, the artist creates long figures with alabaster complexions that are highlighted by the strong colours used for their floor-length garments. While the border is preciously rendered in gold, silver is used for the now darkened sky, an artistic technique that was also used on some pages of the Hours of John the Fearless. While the Book of Hours in which our leaf originated has not yet been identified, the Crucifixion usually introduced the opening of the Hours of the Cross.

The sombre nature of the dramatic scenes is contrasted by a few small but poignant details that enliven the borders, such as a devil and angel near the head of the border who are grasping the souls of Gestas and Dismas, the impenitent and the good thief. While Dismas’s soul, in the form of a child-like human figure, looks towards the angel who carries it away to heaven, the soul of Gestas turns with a shocked expression towards the viewer, away from the smirking face of the devil. In the right-side margin, a shield of one of Jesus’s tormentors, which is decorated with a frowning human countenance, overlaps into the border of the initial, bridging the space between the illuminated scene and its surrounding decoration.

The three figures of Christ’s tormentors are gaudily and exuberantly dressed; their faces stylised into grotesque masks. Especially the little face peering out between the cross and the frame has more animalistic features than human. The figure of the almost lifeless Mary and John the Baptist, who supports her, is gracefully modelled and presents a strong and composed contrast to the raucous group of tormentors on the right. While the two bodies of the thieves are twisting and turning in agony, the emaciated form of Christ’s body is displayed almost gracefully and still on the cross, only moments before his death.

In their publication, Vanwijnsberghe and Verroken (2017, p.196) attribute the leaf to the Master of Guillebert de Mets, specifically Hand A. The leaf is executed in a style similar to that of the Rijm Hours, which were created for Daneel Rijm and his wife Elisabeth van Munte — well known and were prominent members of Ghent’s urban elite. The manuscript was probably commissioned around 1415–1425, when Daneel was at the height of his career and possessed a considerable fortune. Vanwijnsberghe and Verroken suggest that the Rijm Hours are an early work by the principal illuminator of the Mets group, who at that point was beginning to distance himself from the style of the Master of the Hours of John the Fearless by which he had been influenced and guided so far, and starting to take a more prominent role in the execution of this manuscript. Due to this transitional nature of the manuscript, it is however difficult to draw clear and immutable distinctions between the two hands.

Our leaf extends and develops the already awe inspiring crucifixion scene found in the Rijm Hours through the addition of narrative detail that underlines the tragedy of the moment; such as the inclusion of the two crucified thieves and the angel and devil in the borders who carry away the souls of the thieves, one to heaven, one to eternal damnation.


LITERATURE

“The Master of Guillebert de Mets: An Illuminator between Paris and Ghent?”

In Als ich can: Liber amicorum in memory of Professor Dr. Maurits Smeyers, edited by Bert Cardon, Jan Van der Stock, and Dominique Vanwijnsberghe, 921–939. Leuven: Peeters, 2002.

“The Master of Guillebert de Mets, Philip the Good, and the Breviary of John the Fearless.” Quaerendo 38, no. 2–3 (2008): 279–298.

Vanwijnsberghe, Dominique, and Erik Verroken. À l’Escu de France: Guillebert de Mets et la peinture de livres à Gand à l’époque de Jan van Eyck (1410–1450). Brussels: KIK-IRPA, 2017.

Croenen, Godfried. “Guillebert de Mets: A Bilingual Scribe, Author and Publisher between Flanders and Paris (c. 1390–c. 1438).” In Medieval French on the Move, Berlin: de Gruyter, 2025, 287–306.

Somers, Sophie. “The Varied Occupations of a Burgundian Scribe: Guillebert de Mets.”
In Als Ich Can, 2002, 1227–1246.


Estimation 8 000£-12 000£

  • An illuminated leaf from a Book of Hours depicting the Crucifixion by the Master of Guillebert de Mets
  • An illuminated leaf from a Book of Hours depicting the Crucifixion by the Master of Guillebert de Mets




 La littérature nous apprend que la manufacture de porcelaine Nymphenburg est l'une des grandes maisons historiques de la porcelaine européenne. Installée à Munich, en Bavière, elle est particulièrement réputée pour ses figurines du XVIIIe siècle, ses porcelaines peintes à la main et la qualité de son travail artisanal. Son histoire est étroitement liée à celle de la cour des princes de Bavière.

Sous les N° 3126 3127 & 3128 la Maison de Ventes Auktionshaus Mehlis a proposé à la vente et a adjugé respectivement  700€, 700€ et 950€ au marteau une figurine de Saint-Jean, une figurine de la Vierge et un Crucifix provenant de la célèbre manufacture mentionnée ci-dessus. La création de ces figures est due au talent du sculpteur Franz Anton Bustelli (1723-1763). Les exemplaires offerts à la vente datent selon leurs inscriptions du début du XXe siècle.


Lot N°3128


                  Nymphenburg "Großes Kruzifix"

aus einer dreiteiligen Kreuzigungsgruppe, Pendant zu Position 3126 und 3127, Entwurf Franz Anton Bustelli um 1755, Neuausformung Göhring 1930, wohl rückseitig Pressmarke und Modellnummer 80, naturalistische Ausformung mit dezenter Aufglasurbemalung bzw. Goldstaffage, ebonisiertes Holzkreuz mit profiliertem Sockel und montierter Porzellanfigur als Christus mit Dornenkrone und Tuchdraperie im Typus der Dreinagelung, über ihm Kreuztafel mit Akronym INRI für "Jesus von Nazaret, König der Juden", Metallnägel tlw. passend ergänzt, sonst guter altersgemäßer Zustand, H Figur 35,5 cm, H gesamt 76,5 cm. Quelle: Sammlung Online Münchner Stadtmuseum, Iventarnummer K-37/1254, hier gleiches Holzkreuz.


Estimation 0€ - 0€

  •  Nymphenburg Großes Kruzifix
  • Nymphenburg Großes Kruzifix
  • Nymphenburg Großes Kruzifix
  • Nymphenburg Großes Kruzifix




 D'un simple regard, certaines œuvres nous font remonter le temps et nous plongent dans l'intimité de Celle ou de Celui qui les a conçues. Qui plus est, sans se ruiner car le prix de l'émotion vraie est souvent moindre que celui de la grandiloquence.

Cette petite armoire haute seulement de 34 cm a été offerte à la vente et adjugée 450€ au marteau par la Maison de Ventes De Baecque à Lyon le 11 septembre 2026


Lot N°563


« La Crucifixion »

En bois naturel et polychrome. Armoire ouvrant par deux vantaux, simplement moulurés à l'extérieur, avec deux petits boutons pour l'ouverture, reposant sur quatre pieds hauts, dotée d'un tiroir en partie basse et d'un fronton cintré. L'intérieur est orné du Christ en croix, entre quatre bouquets en pot, avec la Vierge Marie à ses pieds, à genoux et implorante, encadrée par deux anges céroféraires, en prière. Sur les gradins du socle cinq angelots sont assis, avec, dans leurs mains, les Arma Christi. La scène est placée dans une niche, ornée de fleurettes sculptées et peintes en bleu, tout comme le fond. Sous cette scène, le corps du Christ est allongé, comme dans son tombeau. 

XIXème siècle H. 34 cm 

Accidents et manques


Estimation 400€-500€

La Crucifixion En bois naturel  Armoire ouvrant par deux vantaux




Il y a des ventes qui interpellent. Non par la beauté ou la laideur du lot proposé, pas d'avantage par l'estimation modérée ou excessive ni par la provenance prestigieuse ou anonyme mais par un sentiment d'incohérence entre le discours, la fourchette d'estimation le montant d'adjudication et l'oeuvre elle-même.

 Exemple ce Christ en bois offert à la vente par Hampel à Munich le 14 septembre 2026 et adjugé 2 000€ au marteau.

Deux incohérences majeures retiennent mon attention :

-Un Christ décrit de la main d'un Maitre de haut rang qui au final subit une adjudication somme toute modeste au regard de ses dimensions et de son attribution à l'entourage  de Georg PETEL 

-Un Christ dit d'importance muséale qui subit en moins de 3 mois une réduction de moitié de sa fourchette d'estimations. Ce Christ a été offert à la vente le 25 juin 2026 accompagné d'une estimation dans la fourchette 4 000€-6 000€ réduite à 2 000€-3 000€ pour cette vente du 14 septembre 2026


Lot N°820


MUSEAL BEDEUTENDER CORPUS CHRISTI

Höhe: 52 cm.
Montiert in einem frontverglasten Kasten: 75 x 50 cm.
Um 1620/40.
Das vollrund gearbeitete Schnitzwerk in Holz, ungefasst, dunkel-buchsbaumfarbig gebeizt, zeigt sowohl im Gesamtentwurf, als auch in der feinen Bearbeitung im Detail, die Handschrift eines Meisters von hohem Rang. Die gestalterischen Merkmale, wie der Dreinageltypus oder die V-förmig hochgestreckten Arme, verweisen das Werk in die erste Hälfte des 17. Jahrhunderts. Die weiteren Detailbeobachtungen lassen einen Künstler erkennen, der dem Werk sehr wohl auch seelische Befindlichkeit und Ausdruckskraft zu verleihen wusste. Dergleichen lässt sich etwa am beseelten ruhigen Gesichtsausdruck des Gekreuzigten erkennen, eine Ruhe nach dem „es ist vollbracht“. Auch die Gestaltung der Hände, hier symmetrisch aufgefasst, mit den fein gearbeiteten, langen Fingern, die nur wenig nach vorne ziehen, verraten hohe Meisterschaft, wie sie zumindest in einer Werkstatt wie der des Georg Petel zu erwarten ist. Ganz ähnlich wie bei weiteren Corpusfiguren aus seinem Kreis ist auch hier der Knoten des Lendentuches prominent betont, neben der fein geschnitzten Kordelschnur an der linken Körperseite. Genauere Betrachtung erkennt die fein angedeuteten Adern, Sehnen und Blutläufe an den Armen und den Beinen. Auffallend und bemerkenswert ist, dass das Haupt Christi hier, wie auch in weiteren Werken Petels, ohne Dornenkrone gezeigt ist. A.R. (1480241) (11)
Artist or Maker Georg Petel


Estimation 2 000€- 3 000€


CHRIS CORPUS CHRISTI  D IMPORTANCE MUSÉALE  CERCLE DE GEORG PETEL


Publié le 11 octobre 2026