Ces pièges dans lesquels des Experts 
s’enfoncent inlassablement … 
Part IV

Christ nu édité par Emile Boouasse XXe siècle

 Ce Christ nu en bronze doré est de belle qualité et son iconographie qui le présente sans pudeur en fait un modèle recherché

Il a été présenté aux enchères par l'une des plus célèbres Maisons de Ventes européennes basée à Munich. La vente s'est déroulée le 6 décembre 2018 et ce Christ estimé dans la fourchette 6 500€- 8 500€ a été adjugé 8 420€ avec les frais.

Selon le descriptif fourni au Catalogue de la Vente ce Christ était attribué au sculpteur Antonio Susini (1558-1624) sinon à son neveu Gian Francesco Susini (1585-1653), dans tous les cas  à un sculpteur italien actif au XVIIe siècle.


Lot N° 272

Antonio Susini,
1558 - 1624, zug.

CORPUS CHRISTI Höhe: 27 cm.
Armweite: 29 cm.

Bronze, feuervergoldet. Auf modernem Aufstellsockel. Die vollplastische, auch an der Rückseite voll ausgeführte Christusfigur im Dreinageltypus, mit schlankem Oberkörper. Die Arme V-förmig weit ausgebreitet, jedoch bewusst nicht exakt symmetrisch gestellt. Das Haupt nach links oben gerichtet, mit offenen, nach oben blickenden Augen und geöffnetem Mund, sinngemäß die letzten Worte Christi ausdrückend. Bartlocken und das wellige Haar äußerst fein ausgeführt.
Antonio Susini war Mitarbeiter und Bronzegießer von Giambologna (um 1529-1608) und Schöpfer zahlreicher Werke, die er in enger Zusammenarbeit mit Giambologna schuf. Werke seiner Hand finden sich etwa im J. Paul Getty Museum "Löwe, ein Pferd reißend". Hier ist jedenfalls anzumerken, dass die Corpus Christi-Figur im Gegensatz zu den meisten Werken der Zeit die Beinstellung in umgekehrter Weise zeigt, nämlich hier das linke Bein vor das rechte gestellt, beide durch den Nagel durchbohrt. Es wäre auch an den Neffen Antonios zu denken, Gian Francesco Susini (1585-1653), jenen Florentiner Manieristen, der ebenfalls in der Werkstatt Giambolognas ausgebildet wurde. Von ihm kennen wir das berühmte Kruzifix in der Kirche San Gaetano in Florenz, aber auch die plastische Reduktion des bekannten Laocoon. Ein signiertes Werk seiner Hand befindet sich im Louvre "Bacchus-Figur". Anders als die Arbeiten von Pierre Francavilla Francqueville (1548-1615) oder Pietro Tacca (1577-1640) steht das Werk des Gian Francesco Susini doch dem seines Onkels Antonio so nahe, dass die vorliegende Figur dem genannten Künstlern zuzuschreiben ist.


Estimation  € 6.500 - 8.500


 La Maison de Ventes munichoise n'est pas la seule Maison de Ventes à avoir attribué ce modèle de Christ au XVIIe siècle Italien. Quelques années plus tôt, précisément le 29 mai 2015 une première Maison de Ventes parisienne a présenté le même modèle et l'a attribué au XVIIe siècle sans plus de précision en particulier sur son origine géographique.

Invendu à la date citée et présenté lors de multiples ventes ce Christ nu en bronze est finalement adjugé 2 210€ avec les frais par une seconde Maison de Ventes parisienne le 19 novembre 2019.  Décrit de façon laconique mais toujours attribué au XVIIe siècle son estimation avait été réduite à la fourchette 1 200€-1 800€. 


N° 158 (Présenté par la première Maison de Ventes parisienne)
 
CHRIsT en CROIX, bronze patiné. 
Très rare représentation du Christ, nu, fondu, ciselé à patine brune.
H. : 26 cm
XVIIe siècle.


Estimation 4 000/6 000 €


Lot n°21 (Présenté par la seconde vente parisienne le 19 novembre 2019)

CHRIST en bronze à patine brune
XVIIe siècle
H: 26 cm ; L : 21 cm

Estimation 1 200€-1 800€


  • Christ nu édité par emile Bouasse Fin du XIXe siècle
  • Christ nu édité par emile Bouasse Fin du XIXe siècle

 La réalité n'est pas celle qui est avancée dans les descriptifs qui accompagnent la vente de ce Christ. La réalité est que ce Christ est une production d'Emile Bouasse qui a ouvert son commerce à Paris sous la raison sociale Bouasse Jeune dans les années 1860. Emile Bouasse a été inhumé le 6 septembre 1883 mais ses proches ont poursuivi la vente commerciale de ses productions jusque dans les premières décennies du XXe siècle. Pour preuve le journal L'Action Française dans son édition du 31 mars 1912 invite ses Lecteurs à aller découvrir chez Bouasse Jeune 12 Place Saint Sulpice , entre autres objets de piété et oeuvres d'art "De magnifiques Christs fondus sur l'ancien ... du goût le plus parfait".

Je n'ai jamais cru à l'ancienneté de ce modèle de Christ mais il me manquait la preuve pour le faire savoir. Cette preuve m'est parvenue en août 2024 en découvrant sur un site de petites annonces un exemplaire de ce Christ présenté avec sa Croix d'origine et son ornementation. 

La preuve formelle que ce Christ était une production d'Emile Bouasse m'a été fournie par le Titulus car c'est un Titulus qui orne d'autres modèles de Christs édités par Emile Bouasse dont certains portent l'inscription Bouasse Jeune E Paris




  • Christ édité par Emile Bouasse Fin du XIXe siècle
  • Christ édité par Emile Bouasse Fin du XIXe siècle

Publié le 19 avril 2026